Prix Région Sud

Depuis ses débuts, Art-o-rama s’attache à participer à la professionnalisation de jeunes artistes et leur permet de rencontrer différents acteurs du milieu de l’art — galeristes, critiques, collectionneurs…
Avec le Prix Région Sud, le salon offre chaque année une visibilité à la jeune création issue des Écoles d’Art de la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur. La section Show-room met ainsi en lumière le travail de quatre artistes sélectionné.e.s par un.e commissaire d’exposition. Il.elle les accompagne dans leur projet d’exposition, produit un texte critique et présente leur travail aux galeristes et éditeurs participants qui sont ensuite invités à désigner par vote le.la lauréat.e du Prix Région Sud de l’année.Le.la lauréat.e est exposé.e l’année suivante dans la section principale d’Art-o-rama à la suite d’une résidence de deux mois à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes. Il.elle reçoit une bourse de production de 2000 € et un catalogue est publié.À partir de 2021, les artistes du Show-room bénéficieront également d’un nouveau programme de résidences au sein d’un réseau régional de lieux et centres d’art partenaires. En amont du salon, les quatre artistes seront en résidence au 3 bis f, centre d’art d’Aix-en-Provence. Les 3 artistes non-lauréat.e.s seront chacun.e accueilli.e.s par une des résidences suivantes : Centre d’Arts Plastiques Fernand Léger de Port-de-Bouc, Centre d’Art Contemporain de Châteauvert et Voyons-Voir, art contemporain & territoire. Le FCAC (Fonds Communal d’Art Contemporain de la Ville de Marseille) s’engage également chaque année dans l’acquisition d’au moins une des œuvres d’un artiste du Show-room.
Le Prix Région Sud constitue souvent pour les artistes une première expérience dans un environnement commercial d’envergure internationale et permet aux galeries qui participent à Art-o-rama de découvrir des artistes formé.e.s dans notre région.
En 2021, les quatre artistes sélectionné.e.s et accompagné.e.s par Tiago de Abreu Pinto sont Néphéli Barbas, Julien Bourgain, Louise Mervelet et Flore Saunois.

 


mountaincutters – Artiste invité 2021

Mountaincutters est le lauréat du Prix Région Sud 2019. C’est une entité hybride diplômée de l’Ecole d’Art et de Design de Marseille Méditerranée et basée à Bruxelles. Depuis 2013, elle agit comme organisme-environnement artistique à part entière, et développe des projets principalement insitu, et ceci par divers processus de contamination. Et notamment sous forme de modules éphémères, actifs le temps de l’exposition dont les composants proviennent de matières premières non transformées telles que le fer, l’acier, l’argile, le cuivre, le plomb, le papier ou encore le verre. Certains seront ensuite retravaillés pour réapparaître lors de l’élaboration d’installation future.

Furiosa, 2019

 


mouth, south : conversations fictives

Flore Saunois

A quoi penses-tu ? Je pense au moment charnière, au moment ou à l’endroit où quelque chose s’apprête à exister ou pourrait exister. C’est un genre de pensée ontologique. Ça l’est, oui. Quand je me demande pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Donc, tu penses aussi à la perception.Oui. Et à l’apparence. C’est-à-dire : quelles sont les conditions pour que quelque chose apparaisse ? Au niveau d’un texte ou du langage par exemple. En désignant, pour sûr. Lorsqu’un nom est donné à quelque chose cette chose commence à exister. Le langage affecte la réalité. Le temps est aussi important à tes yeux n’est-ce-pas ? C’est essentiel puisque le temps c’est la transformation. Il est lié à tout un éventail de possibilités ; au passage de “ce qui pourrait être” à “ce qui est”. Le temps permet ce passage. Avec l’idée d’une graine devenant un arbre. La disparition des choses est cruciale pour moi. C’est pourquoi je me suis tournée vers le langage et son ambiguïté. Il y a ici une constante ambivalence, n’est-ce-pas ? Oui. Et, du mystère, également. Des questionnements phénoménologiques et scientifiques à travers des combinaisons exhaustives à propos du mystère des choses. J’aime les modéliser. Le moment du tournant ? Quand la réalité s’ancre dans une autre chose qui ne peut être clairement décrite.

 

 

Julien Bourgain

Est-ce à propos de célébration ? Je ne sais pas – nous rigolâmes. Tout change. Depuis que tu as quitté l’université ? Oui. Et tellement plus maintenant puisque c’est connecté à la fluidité de ma propre identité et mon propre genre. Et, c’est pourquoi tu désires montrer ta communauté dans ton travail, c’est bien cela ? Je veux leur offrir de la visibilité et prendre le temps de valoriser les relations que j’ai en ce moment dans ma vie. Donc cela a à voir avec l’esthétique relationnelle et le tournant affectif… En un sens, oui, mais c’est la même chose. Que veux-tu dire ?Je ne fais pas de différence entre ma vie et mon travail. Quand je performe je suis la même personne que quand je ne performe pas. Il n’y a aucune séparation. Je ne joue pas de rôle. Et que recherches-tu ? Des moyens de trouver de la poésie dans les rencontres entre les individus. J’adore provoquer des situations où les personnes se rencontrent et à l’intérieur de cela se créent de multiples petites rencontres et connections. Et il y a différentes étapes dans ce processus de dessiner un chemin. Parcours : c’est le mot. La trajectoire, le voyage. Oui. Comme les histoires que je raconte lors d’une performance, qui dans son déroulement, déploie de petites narrations supplémentaires donnant peut-être l’impression de ne pas être liées, qui se perdent dans l’intrigue, mais qui sont en réalité toutes connectées. J’aime beaucoup quand les autres fabriquent ces ponts entre les histoires. Ainsi, cela a à voir avec le réseautage social. Cela traite du paysage social – nous hochâmes la tête en signe d’approbation.

 

 

Louise Mervelet

La dernière fois que nous avons discuté, tu as montré un intérêt pour les poupées-baroques, incarnant une approche hybride. L’hybridité est un concept cher à mes yeux. Non seulement en termes de thématiques mais également quand je parle de mediums. Je ne reste pas fidèle à un seul. Je travaille avec tous. Tu actives différents mécanismes au même moment…Oui. Et ça peut également être analysé d’un point de vue politique. En direction d’une idée d’impureté. Tu veux dire au niveau matériel, n’est-ce-pas ? Oui sur ce plan aussi. Je préfère utiliser des matériaux peu chers. Des choses qui ont été abandonnées, mises de côté, dont l’origine est douteuse. Et, par-dessus tout pauvres. Mais, ce matériau finit par se transformer en un autre, c’est cela ? Oui, car je travaille ce matériau pauvre d’une manière ou d’une autre, ou mieux : comme un détritus. Je prends cet objet ressemblant à un déchet et le transforme en autre chose. A la fin, il devient précieux. Donc, il y a cette ambiguïté. L’accent est aussi mis sur le ludique. Je le vois plutôt comme relevant du domaine de de l’imagination. Il y a quelque chose de léger qui émane de mon travail. Je parle des différents codes visuels que je manipule, que je combine et je renvoie au visiteur un point de vue subjectif sinueux. Parce que tu joues avec de nombreux matériaux visuels allant du jeu vidéo à la série télévisée… Et, dans ce processus j’essaye de jouer avec le visiteur et je ne cherche pas à être claire dans ce jeu.

 

Néphéli Barbas

Ce que je vois est une concentration de différents éléments architecturaux et des allusions diverses à des moments historiques. Et aux localisations aussi. Il s’agit d’un effort de mise en espace d’éléments appartenant à différentes villes. C’est quelque chose qui se passe déjà ; quand tu marches dans une ville, et tout d’un coup tu as le sentiment que différentes périodes et architectures émergent dedans : l’Art Déco à ta gauche, le moderne en face de toi et le Baroque à ta droite, entre un bâtiment Néo-futuriste et un Brutaliste. Tu m’as dit que ceci était connecté à la mémoire. Oui, de la manière dont on se souvient des choses. Mais ce n’est pas de la mélancolie. Ou le regret d’un moment du passé. Non, ce n’est pas ça. C’est plutôt regarder ailleurs, en dehors de soi, ce qui nous entoure. Et, tu as vu ces choses, c’est cela ? Oui, il y a des choses que je rencontre par hasard ou que je rate ou que je veux posséder mais pas d’une manière idéalisée. Car ça ne parle pas d’une ville idéale.Exactement, c’est plutôt à propos de… utiliser l’idée de s’approprier les choses pour trouver un instant où notre regard semble trouver quelque chose qui l’oblige à s’arrêter à cause des irrégularités de son environnement. Donc, c’est le contraire de l’appropriationnisme dans l’art ou de l’idée de readymade… Oui, je modifie ce que je trouve dans mon champ de vision. Tu traverses des moments de déconstruction pour créer quelque chose d’étrange et de familier en même temps, c’est cela ? En un sens, oui. Ça correspondrait à mon vocabulaire visuel.

 

 

Tiago de Abreu Pinto 

 


Tiago de Abeu Pinto – commissaire 2021

Les derniers projets du curateur et écrivain Tiago de Abreu Pinto, mêlent l’art à la narration à travers le roman.

 

Tiago de Abreu Pinto (Brésil, 1984) est commissaire indépendant (doctorat en histoire de l’art, Université Complutense de Madrid). Les dernières expositions curatées par Abreu Pinto comprennent : Amanhã à primeira luz, Casa Triângulo (São Paulo, Brésil, 2019) ; Below Blue Horizon, Rodriguez Gallery (Poznan, Pologne, 2019) ; Armando Andrade Tudela, Nicolás Lamas et Sergio Verastegui, Salón (Madrid, Espagne, 2017) ; Notes for a Shell. Art-O-Rama (Marseille, France, 2017) ; Proteo. Tasman Projects, collection de Fernando Panizo & Dorothy Neary (Madrid, Espagne, 2017) ; A spear, a spike, a point, a nail, a drip, a drop, the end of the tale. Ellen de Brujine Projects (Amsterdam, Pays-Bas, 2015) ; Meditaremos em silêncio a diferença entre nós. NoguerasBlanchard (Madrid, Espagne, 2015); Retroalimentación, Sala de Arte Joven (Madrid, Espagne, 2014) ; Marcelo de Andrade, Kunsthalle São Paulo (São Paulo, Brésil, 2014) ; The Sound of your Voice, Biennale de Marrakech (Marrakech, Maroc, 2014) ; Parallax, The Goma Gallery (Madrid, Espagne, 2013) ; This dialogue is fine but a decision is always an alone act, NoEstudio (Madrid, Espagne, 2012). Il est l’auteur de plusieurs nouvelles et fictions tels que Terral : Ivan Grilo. São Paulo : Familia, 2019 ; Below Blue Horizon : Sreshta Rit Premnath. Poznan : Rodriguez, 2019 ; El enemigo de adentro/El enemigo de afuera : María Sosa. Ciudad de México : Parque, 2019 (co-autrice Dorothée Dupuis) ; Proteus. Madrid : Tasman Projects, 2018 ; Biblioteca Sin Títulos (Bibliothèque sans titres). Madrid : Bibliothèque du Musée Reina Sofia, Centre d’Art Santa Mònica et La Casa Encendida, 2017 ; Notes for a Shell. Marseille: More Projects, 2017 ; This is Art Now vol.1. Madrid : Cristina Garrido, 2013. de Abreu Pinto est le commissaire de la section Opening à ARCOmadrid2020 et N.A.S à ArtRotterdam2020.

 


Précédent.e.s artsites invité.e.s

  • 2019 Jonathan Vidal
  • 2018 Delphine Wibaux
  • 2017 Sabrina Belouaar
  • 2016 Rafaela Lopez
  • 2015 Vincent Ceraudo
  • 2014 Sergio Verastegui
  • 2013 Yann Gerstberger
  • 2012 Caroline Duchatelet
  • 2011 Sandro Della Noce
  • 2010 Pascal Martinez
  • 2009 Émilie Perotto
  • 2008 Julien Bouillon
  • 2007 Arnaud Maguet et Olivier Millagou

mountaincutters

Du pouce jusqu'à l'auriculaire (2021)
Espace Croisé, Roubaix
Production Centre d'Art Espace Croisé et Fondation Martell
Crédits © mountaincutters

Flore Saunois

L'ombre d'un doute #3 (2017)
Installation in situ, photographie d’une porte entr’ouverte, projetée à échelle 1 sur cette même porte (alors fermée), dimensions variables

Julien Bourgain

Bain de soleil au pavillon (2017)
performance filmée, 6 min 31 sec
Pavillon Vendôme, Aix-en-Provence

Louise Mervelet en collaboration avec Stanislas Paruzel

Ananas Tree Enhanced (2020)
techniques mixtes, 51 x 32 x 33 cm

Néphéli Barbas

Résidence protégée (2017-2020)
placoplâtre, mdf, dessin sur papier, 26 x 47 cm et 38 x 27 cm
Photo © Juan Gugger

Commissaire d'exposition Prix Région Sud : Tiago de Abreu Pinto