Prix Région Sud

Depuis ses débuts, Art-o-rama s’attache à participer à la professionnalisation de jeunes artistes et leur permet de rencontrer différents acteurs du milieu de l’art — galeristes, critiques, collectionneurs…
Avec le Prix Région Sud, le salon offre chaque année une visibilité à la jeune création issue des Écoles d’Art de la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur. La section Show-room met ainsi en lumière le travail de quatre artistes sélectionné.e.s par un.e commissaire d’exposition. Il·elle les accompagne dans leur projet d’exposition, produit un texte critique et présente leur travail aux galeristes et éditeurs participants qui sont ensuite invités à désigner par vote le.la lauréat.e du Prix Région Sud de l’année. Le·la lauréat·e est exposé·e l’année suivante dans la section principale d’Art-o-rama à la suite d’une résidence de deux mois à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes. Il·elle reçoit une bourse de production de 2000 € et un catalogue est publié. Cette année l’artiste invité·e est Flore Saunois.

En 2022, les artistes du Show-room bénéficient également du nouveau programme de résidences au sein d’un réseau régional de lieux et centres d’art partenaires créé en 2021. Les 3 artistes non-lauréat·e·s seront chacun·e accueilli·e·s par une des résidences suivantes : Centre d’Arts Plastiques Fernand Léger de Port-de-Bouc, Centre d’Art Contemporain de Châteauvert et Voyons-Voir, art contemporain & territoire. Le FCAC (Fonds Communal d’Art Contemporain de la Ville de Marseille) s’engage également chaque année dans l’acquisition d’au moins une des œuvres d’un artiste du Show-room.
Le Prix Région Sud constitue souvent pour les artistes une première expérience dans un environnement commercial d’envergure internationale et permet aux galeries qui participent à Art-o-rama de découvrir des artistes formé.e.s dans notre région.
En 2022, les quatre artistes sélectionné·e·s et accompagné·e·s par Aude Christel Mgba sont Hayoung, Samir Laghouati-Rashwan, Robin Plus et Janna Zhiri.


Flore Saunois – Artiste invitée 2022

Au travers d’installations, pièces sonores, performances, et éditions, Flore Saunois explore la matérialité du langage et son rapport au réel. Ses travaux cherchent à dessiner, et mettre en place les conditions d’apparition – et , en creux, de disparition des choses.

Tenter de suspendre la condition de fugacité d’un objet, d’un événement ou d’un phénomène, se placer entre pérenne et « sur le point de disparaître », entre le virtuel (ce qui, littéralement, « est en puissance ») et « ce qui advient », chercher à tracer les contours de possibles, comme à interroger leur condition d’existence.

Au fil de tautologies et de mises en lumière d’interstices où les limites entre représentation et réel se troublent, on découvre des travaux dont la concision et la sobriété plastique se trouvent sans cesse contrecarrées par une ironie joueuse. S’inscrivant dans une relecture des principes de l’art conceptuel, Flore explore avec malice la brèche entre quotidien et extraordinaire, le dérisoire comme source d’une poésie latente.

 

Flore Saunois (1987, Pertuis, vit et travaille à Marseille) est diplômée de l’Univerität der Künste Berlin (BFA – 2012), du Conservatoire de Théâtre de Rome (BA Acting – 2014), de l’Université Paris 8 (Maitrise en recherches théâtrales – 2016), et des Beaux-Arts de Marseille (DNSEP Art – 2018).

Son travail a notamment été diffusé sur France Culture (Creation On Air) (FR), (2017) ; présenté lors de APA (A performance Affair – Art fair), Bruxelles (BE), au MAC (Musée d’Art Contemporain de Marseille) (FR), à l’Institut Français de Hambourg (DE), à la Collection Lambert, Avignon (FR), (2019) ; au MAMC+ (Musée d’Art Moderne et Contemporain St-Etienne Métropole – Biennale ArtPress) (FR), dans le cadre de Manifesta 13 (Friche la Belle de Mai et Galerie des Grands Bains Douche) (FR), durant Actoral (Festival internationnal des arts et des écritures contemporaines) (FR), (2020) ; à La BF15, Lyon (FR), au 3bisf, Aix-en-Pce (FR), durant Art-O-Rama (Lauréate du Prix Région Sud), Marseille (FR), (2021) ; au Château de Servières, Marseille (FR), (2022).

Elle est actuellement résidente aux Ateliers d’Artistes de la Ville de Marseille.


Aude Christel Mgba – commissaire 2022

Aude Christel Mgba est une curatrice indépendante et une historienne de l’art basée entre le Cameroun et les Pays-Bas. Elle a participé au programme curatorial De Appel 2018/19.

Aude s’engage dans la décolonialité à travers des projets de recherche et la création de plateformes qui visent à transcrire, traduire et incarner les connaissances ancestrales. Ses expériences de conservation comprennent des collaborations qui remettent en question les formes de fabrication et de présentation de l’art qui tendent à être centrées entre les institutions artistiques et les travailleurs de l’art. Elle s’intéresse davantage aux collaborations qui s’étendent au-delà de ces espaces pour embrasser différentes communautés.

En 2017, Aude a travaillé en tant que commissaire adjointe pour le SUD2017, une triennale internationale d’art dans l’espace public, organisée par doual’art, un centre d’art contemporain, pour la ville de Douala. Depuis 2019, elle travaille comme co-commissaire de sonsbeek20->24, une exposition internationale dans la ville d’Arnhem sous la direction artistique de Bonaventure Soh Bejeng Ndikung. En 2010-2021, Aude a dirigé My learning is affected by the conditions of my life, un symposium de recherche commandé par ARTEZ Studium Generale, qui examinait l’éducation artistique dans une perspective historique en prenant comme cas d’étude l’Afrique de l’Ouest avant et après la colonisation.

Aude est commissaire du projet d’ART X LAGOS 2021.


Hayoung

Story-teller transdisciplinaire, Hayoung récolte différents fragments de narrations qu’iel hybride et mythologise pour transgresser les frontières culturelles, politiques et linguistiques. En se jouant des « bugs » et des incompréhensions qui s’accumulent des mondes pixellisés, iel aborde alors les questions du déplacement et de la déterritorialisation pour raconter les identités fragmentées, leurs relations, leurs luttes ainsi que leurs mises à jour virtuelles et physiques.

Hayoung et ses créations nous mordent la langue et, spectateurs, on finit par pleurer des larmes pixelisées. Iel nous invite à l’overdose, à la saturation, à l’éjection de nos corps vers le rêve et le virtuel. En essayant d’appréhender la complexité du monde, Hayoung nous invite à aller «au-delà de». C’est un univers qui ne connaît ni les frontières ni les certitudes, qui se déploie alors sous nos yeux qui salivent.
Texte de Louise Nurry

 

Son travail a notamment été présenté à la Villa Arson (Nice), au SISSI club (Marseille), au Het Nieuw Institute (Amsterdam), au cipM (Marseille) ou encore à 100% Villette (Paris).


Samir Laghouati-Rashwan

Samir Laghouati-Rashwan, né en 1992 à Arles et actuellement basé à Marseille, est un artiste français diplômé de l’École supérieure d’art & de design Marseille-Méditerranée.

 

Pour sa pratique, Samir Laghouati-Rashwan s’empare de petits objets d’apparence triviaux, quotidiens, contemporains et surtout apolitiques. Une bouteille de tonic ou un survêtement retroussé à la cheville. Des chariots de supermarché et des vitres de caravanes. Le travail qu’il développe autour de ces objets met cependant à mal leur prétendue banalité ; ils deviennent porteurs d’histoires coloniales et de complexes géopolitiques.

La bouteille de tonic contient de la quinine, composée de quinquina, une plante du Pérou apportée en Europe par les jésuites espagnols au 17e siècle et qui termine en Inde britannique, où elle devient par la suite un élément permanent des bars, destiné à être bu, et non à penser son histoire. Le survêtement retroussé renvoie au boulet de l’esclave, aujourd’hui adopté et sorti de tels contextes, des expériences sartoriales empruntées au monde du rap. Révéler les histoires violentes logées dans de tels objets ou coutumes n’est toutefois pas moralisateur, le travail de l’artiste les sort de leur état “naturalisé” et révèle certains de leurs aspects avec ironie et sérieux.

Mais pour raconter de telles histoires, il faut rencontrer ceux qui veulent écouter. Ses collages, films, installations, objets trouvés et images constituent un ensemble peu dense, une simple invitation pour le spectateur à poursuivre les histoires associées à ce qui est dépeint ou représenté. L’installation Dead Park (2021) présente une accumulation d’objets trouvés, des formes hostiles se faisant passer pour un terrain de jeu pour enfants, la configuration apparemment dénuée de toute émotion laissant place à une réflexion sur l’introduction précoce de formes de contrôle, la naissance de pathologies. Non-Lieu (2017-en cours) est un mémorial minimaliste, listant les noms de ceux qui sont morts aux mains de la police en France, une nouvelle page étant ajoutée chaque année.

 

– Jessica Saxby


Robin Plus

J’envisage la photographie comme un outil de pouvoir. Mes images décrivent un monde sensible où la fragilité est vectrice de puissance et la pop culture embrasse le paysage. La photographie est comme une arme, celle qui m’aide à combattre les diktats de la représentation normée des corps et de la sexualité pour me laisser rêver d’une société en pleine renaissance queer. Je sème le trouble, aussi bien sur l’espace – en n’indiquant jamais où les photos sont prises – que sur la temporalité – petit matin, zénith ou crépuscule ? – et la notion de genre. J’utilise l’ambiguïté comme principe esthétique afin de recréer un monde sensible prenant le pouls d’une réalité fissurée. je transforme les paysages en décors oniriques et les modèles en figures conquérantes et politiques. Je construis mes images comme des tableaux qui racontent l’histoire d’un monde uniformisé par la globalisation et le consumérisme.

 

Robin Plus (né en 1990 aux Lilas, vit et travaille à Marseille) est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Ses œuvres ont été présentées à la Galerie Sultana (Paris), La Villette (Paris), Les Rencontres de la Photographie (Arles).


Janna Zhiri

Je suis histoirienne, je raconte des histoires d’amour effronté. Fan des histoires d’amour en général, j’aime celles qui sont compliquées, entre chien.ne et chat.te. Fantômes de figures piochées dans une littérature de l’amour non-romantique comme dans Peau de Dorothy Allison ou totalement romantique, écrasante de bonheur-heureux-coup de foudre, mes personnages et moi-même sommes troublées par l’intensité du badinage consentant où les rêves les plus flous prennent voix d’identités multiples. Vive la séduction.
Le monde narratif devient sujet à la digression pour un appel à la révolution par le cœur.
En parallèle, j’ai un travail plastique de pastel qui prend forme de rouleaux de logorrhée ou de mes vomissures de rêves et de fantasmes.

 

Janna Zhiri est diplômée de la Villa Arson à Nice. Son travail a été présenté à la Galerie Placement-Produit (Paris), DOC (Paris), Fondation Francès (Paris), MAC (Musée d’Art Contemporain, Lyon), Galerie Eva Vautier (Nice), Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois (Paris).


Précédent.e.s artistes invité.e.s

  • 2021 mountaincutters
  • 2019 Jonathan Vidal
  • 2018 Delphine Wibaux
  • 2017 Sabrina Belouaar
  • 2016 Rafaela Lopez
  • 2015 Vincent Ceraudo
  • 2014 Sergio Verastegui
  • 2013 Yann Gerstberger
  • 2012 Caroline Duchatelet
  • 2011 Sandro Della Noce
  • 2010 Pascal Martinez
  • 2009 Émilie Perotto
  • 2008 Julien Bouillon
  • 2007 Arnaud Maguet et Olivier Millagou

Vue d'exposition, Flore Saunois, Art-o-rama 2021

© Flore Saunois

Aude Christel Mgba

© 2018, Omenkart

Hayoung

Pains retrouvés (2021)
Vue d’installation, l’exposition « Construire sa prétendue », Villa Arson, 2021
Photo © Nelo Gevers

Samir Laghouati-Rashwan

© Fræme 2020

Robin Plus

© l'artiste

Janna Zhiri

© Chloe Pasciani, Ozgur Kilic, Noemie Sene et Andrea Hortua