Pâme, Londres
Carole Mousset
Pâme a été fondée avec la conviction que la sensualité de l’art érotique trouve son support idéal dans la texture et le mouvement intimes de la soie. Nous collaborons avec des artistes aux univers originaux pour créer des tirages en édition limitée à toucher.
Pour cette édition d’Art-o-rama, nous avons collaboré avec l’artiste française Carole Mousset, installée à Bruxelles, et avons commandité cinq tableaux (huile sur toile) , reproduits en édition limitée à 50 exemplaires sur différentes tailles de soie.
The Sargasso Dance
Depuis plus de deux mille ans, la reproduction de l’anguille se situe à la frontière entre la biologie et le mythe. Comme des générations de naturalistes n’ont jamais pu mettre en évidence d’organes reproducteurs, les anguilles étaient autrefois considérées comme des êtres issus d’une génération spontanée. Les Égyptiens les associaient à Atoum, le dieu solaire autoengendré, tandis qu’Aristote pensait qu’elles émergeaient des « entrailles humides de la terre ».
Ce n’est que bien plus tard que les scientifiques ont découvert que les organes reproducteurs des anguilles se développaient au cours de la dernière phase de leur vie, avant qu’elles ne migrent sur des milliers de kilomètres depuis leur habitat vers la mer des Sargasses, où l’on suppose qu’elles se reproduisent et meurent. À ce jour, personne n’a jamais observé une anguille se reproduire à l’état sauvage.
C’est précisément au cœur de ce mystère spéculatif que se déroule la septième collaboration de Pâme. Prolongeant l’exploration menée par Carole Mousset sur les corps fluides et la sensualité du monstrueux, « The Sargasso Dance » est une série de cinq tableaux imaginant ce qui est peut-être le moment le plus dramatique de l’existence d’une anguille : une migration finale aboutissant à un unique acte de reproduction avant la mort.
Plutôt que de représenter la reproduction elle-même, Mousset se concentre sur des scènes intimes et rapprochées dans lesquelles l’acte reproductif se transforme en une chorégraphie collective du désir. Cette danse imaginaire et sensuelle dépasse la procréation d’une seule espèce pour se déployer en une bacchanale sous-marine où les anguilles s’entrelacent avec des méduses, pénètrent des anémones et fusionnent avec d’autres formes aquatiques, brouillant les frontières entre les espèces, la chair et le désir.