Exo Exo, Paris

Antoine Donzeaud

Le projet d’Antoine Donzeaud pour cette nouvelle édition d’Art-o-rama interroge notre rapport intime aux images : celles que nous partageons et collectionnons et auprès desquelles nous vivons, ces présences digitales desquelles nous nous sentons ami.e.s. Des alcôves construites à l’aide de châssis de bois sur lesquels sont suspendus des stores californiens abritent ainsi des écrans qui présentent des montages vidéos des films d’Antoine Donzeaud et d’autres créateurs ou influenceurs digitaux.
Le travail d’Antoine Donzeaud est lié à l’architecture dans la verticalité des formats, la référence au cadre, à la structure de construction comme dans l’horizontalité du déplacement, de la promenade, de l’errance. Dans la forme, le minimalisme rencontre le langage digital et urbain. Ce rapport à l’architecture est vaste, il s’inspire des séries photographiques de maisons abandonnées de John Divola et des découpages gigantesques de Gordon Matta-Clark. Mais surtout il est intime, il est né d’une obsession, d’une fascination de l’artiste pour un méta-langage digital et urbain, une envie de raconter les histoires de ceux qui l’habitent.
Il n’y a pas d’histoires sans cadre, que ce soit celui de l’intimité ou celui de l’écran. Le projet fusionne ainsi ces deux plans pour donner à voir la préciosité de ces ouvertures sur le monde à l’intérieur de nos territoires intimes. Ces fenêtres sont le motif attachant d’un vieux t-shirt qu’on garde pour dormir, la surprise ou les larmes que les autres partagent sur les réseaux et qui nous rappellent que nous ne sommes pas seul.e.s, ou la chaîne Youtube d’un charpentier qui raconte sa vie au bout du monde et qu’on finit par prendre pour un vieux copain. Comme autant d’infra-messages qui s’imprègnent en nous au fil du temps.

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