Lee Ufan Arles
par un matin calme
Park Chan-wook
Du 6 juillet au 4 octobre 2026
Commissariat : Valérie Duponchelle
Park Chan-wook photographe, c’est la version contemplative de ce cinéaste hyperactif qui met à profit ses moments de calme et de liberté pour photographier sans objectif déterminé. Ce qui attire son œil surentraîné. Ce qui le charme, le surprend, l’amuse, le fait divaguer. Un motif naturel, une roche, un tronc, qui ressemble à un corps. Un chat qui rappelle que l’être humain n’est qu’une espèce parmi les autres. Une tâche orange dans un océan de verdure, comme un petit soleil terrestre. Un lien, vestige jaune vif du monde industriel, sur un mur gris. Un paysage parfait, au vert émeraude somptueux, comme le jardin qui tient The Handmaiden, la domestique prisonnière avec son amante (2016), une plage beige comme la scène finale de Decision to leave, d’une beauté mortelle (2022).
Ses photographies sont ancrées dans le temps long, silencieux, suspendu. Elles sont l’arrêt sur image qui donne la matière à ses réflexions, l’air libre d’un homme qui lâche – un peu – le contrôle. Jamais complètement, jamais très longtemps, jamais sans pouvoir y revenir promptement, refusant le laisser-aller de ses héros que les sentiments submergent et noient. C’est la première fois que ses photographies sont exposées hors de Corée.
Soli-Sombre
Pooya Abbasian
Du 6 juillet au 4 octobre 2026
Le projet présenté cet été par Pooya Abbasian est le fruit d’une immersion profonde réalisée lors de sa résidence à Lee Ufan Arles. C’est dans ce cadre privilégié de réflexion et de production que l’artiste a puisé la matière première de ses nouvelles recherches, s’imprégnant des spécificités du territoire arlésien pour explorer la migration du vivant. Au cœur de sa démarche se trouve le baccharis, une plante qui cristallise les tensions entre nature et intervention humaine. Importé jadis pour ses qualités ornementales, cet arbuste est aujourd’hui perçu comme une menace pour les roseaux locaux.
Cette quête de métaphores sur l’adaptation s’enrichit d’une plongée dans le patrimoine immatériel local à travers le conte La Bête du Vaccarès. Ce récit, mettant en scène la rencontre entre un gardien et une créature mythologique exilée dans les marais, devient pour Pooya le symbole d’une nature sauvage que l’on traque par crainte de l’altérité. Il en envisage une réinterprétation où la vidéo, les impressions multicouches et la matière organique s’entremêlent pour explorer notre propre rapport à l’inconnu.
Informations
Adresse: 5 Rue Vernon 13200 Arles, France