LambdaLambdaLambda, Pristina & Air de Paris, Romainville, Grand Paris - Dialogue -

Pati Hill, Hanne Lippard

Pour Art-o-rama, LambdaLambdaLambda et Air de Paris s’adonnent à un petit jeu, un jeu de rencontre et de partage.
Hanne Lippard (représentée par LambdaLambdaLambda) va sélectionner quelques oeuvres de Pati Hill (représentée par Air de Paris) qui seront présentées avec les siennes propres.
Toutes les oeuvres seront présentées sur un seul et même mur, un territoire vertical partagé.

 

Pati Hill (1921, Ashland, Kentucky – 2014, Sens, France) a laissé derrière elle une production artistique qui s’est étendue sur une soixantaine d’années et qui englobe différentes disciplines. Sans formation artistique, elle a commencé à utiliser la photocopieuse comme un outil artistique au début des années 1970 et a continué à le faire jusqu’à sa mort, explorant ainsi la relation entre l’image et le texte. Elle a par ailleurs publié quatre romans, un mémoire, plusieurs nouvelles, des livres d’artiste et de la poésie. Le dessin est également devenu une partie essentielle de sa pratique. 

En utilisant la photocopieuse – une machine stéréotypée liée au travail de secrétariat et donc au travail féminisé – pour représenter des objets quotidiens tels qu’un peigne, un pantalon d’homme soigneusement plié ou un jouet d’enfant, Hill a développé une pratique artistique qui traduisait de manière programmatique le travail domestique invisible en un langage visuel et public. En utilisant cet outil de reproduction, elle a créé un modèle de production artistique qui s’oppose de manière critique à la convention de l’expression individuelle ainsi qu’à la prétendue neutralité des images produites par la technologie.

Pati Hill a été présentée dans des expositions muséales telles que Electroworks, Stedelijk Museum, Amsterdam (1984); Electra, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (1984) ; L’Electrographie, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (1980) ; La Photocopie, Musée d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris (1980) entre autres.
Récemment, elle a eu des expositions personnelles à Arcadia University, PA, Glenside (2016); Air de Paris, Romainville (2020) ; Kunstverein, München (2020, puis à la Kunsthalle Zürich, 2021) ; Treize, Paris (2021). Elle fera partie de L’Image et son double à la Galerie de photographie du Centre Pompidou en novembre 2021 (cur. Julie Jones).
Elle fait partie de la collection du Whitney Museum of American Art, du FRAC Île-de-France et du Centre Pompidou.

 

Hanne Lippard utilise depuis dix ans le langage comme matière première de son travail, le transformant en textes, performances vocales, installations sonores, objets imprimés et sculptures. Son travail s’inscrit dans une riche histoire de l’utilisation performative de la voix et de la déconstruction linguistique du langage, dont la généalogie se retrouve à la fois dans les domaines de la musique, de la parole, du théâtre, du son, de la poésie et de l’art. 

La série-en-cours des curses réinterprète les tablettes de malédiction romaines. Les premières tablettes de malédiction ont généralement été créées aux IIe et IVe siècles après J.-C. par des sans-voix, des provinciaux, des non-citoyens, des femmes ou des esclaves, c’est-à-dire des personnes dont la parole ne comptait pas et qui se voyaient reléguées aux confins symboliques de l’empire. Si ces tablettes promettaient la vengeance, elles permettaient surtout de se libérer des tensions psychologiques, à l’instar des plates-formes d’expression offertes par les médias sociaux aujourd’hui. Pour la premiere série, Curses I-XIII (2018), l’artiste a composé treize tablettes comme variations sur le theme du ressentiment et de la malveillance. Ces lettres de vengeance, que l’artiste considère autant comme des parodies que comme des poèmes visuels, fournissent un commentaire humoristique sur les différents sujets liés à ses recherches. Une autre série, Echo Curses XX-XXV (2021), réfléchit sur le défi numérique d’être coincé dans des boucles numériques, de perdre son login-password, de ne pas être reconnu comme un humain par le puzzle captcha, et autres délicieux moments de malediction numérique. L’utilisation du mot et du phénomène Echo dans cette série fait référence à la fois à la chambre d’écho en ligne, que l’on trouve notamment dans les médias sociaux, et au mythe de Narcisse et Echo. Dans ce mythe, Echo subit une transformation physique lorsqu’elle est rejetée par Narcisse et se désintègre en une voix désincarnée incapable de répéter autre chose que la voix et les mots des autres, perdant son intégrité ainsi que son corps physique, comme cela arrive souvent aux corps lorsqu’ils apparaissent en ligne. Les arrière-plans réfléchis peuvent être considérés comme des réverbérations visuelles, des extensions du moi parallèle.

Hanne Lippard (Norvègienne) est née en 1984 à Milton Keynes (GB) et vit à Berlin.

Ses plus récentes solo-show ont eu lieu à MuHKA, Anvers (2021); Furiosa, Monaco (2021); LambdaLambdaLambda, Prishtina (2019); Goethe Pop Up Institute, Minneapolis (2019); Kunsthall Stavanger (2018); FriArt, Fribourg; SALTS, Basel, (2017) et KW, Berlin (2017).

Plus récemment, ses travaux étaient présentés dans les expositions collectives, telles qu’à Contemporary Arts Center, Cincinnati  (2021); Frac des Pays de la Loire, Carquefou (2020-21); Air de Paris, Romainville (2020); RIBOCA 2, Riga Biennale, Riga (2020); Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne – Château de Rochechouart, Rochechouart (2020); Stuk, Leuven (2020); Museum für Gegenwartskunst Siegen, Siegen (2020); Maison de la Culture, Namur/Belgique (2019) et KUNSTHAUSBASELLAND, Basel (2019), entre autres.

Elle a une exposition à venir au FRAC Lorraine, Metz en September 2021.

 

lambdalambdalambda.org

airdeparis.com

 

 

Pati Hill

Untitled (peacock feather) (série "Common Objects") (c. 1977-79)
xérocopie
29,3 x 22,8 cm
Unique
© Photo Marc Domage, Courtoisie Air de Paris, Romainville

Pati Hill

Untitled (telephone)
(série "Common Objects") (c. 1977-79)
xérocopie, annoté et signé au verso
29,3 x 22,8 cm
Unique
© Photo DR, Courtoisie Air de Paris, Romainville

Pati Hill

Untitled (lab coat) (série "Garments") (c. 1977-79)
xérocopie
36,8 x 22,9 cm
Unique
© Photo DR, Courtoisie Air de Paris, Romainville

Hanne Lippard

Curse III (2018)
Gravure laser sur plexiglass, 17,7 x 11,6 cm
Courtoisie de l'artiste et LambdaLambdaLambda Pristina | Bruxelles

Hanne Lippard

Echo Curse XXV (2021)
Rendu digital - gravure laser sur plexiglass mirroir, 17,7 x 11,6 cm
Courtoisie de l'artiste et LambdaLambdaLambda Pristina | Bruxelles