In Situ Fabienne Leclerc, Paris
Beau Disundi, Constance Nouvel, Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh & Hesam Rahmanian
In Situ – Fabienne Leclerc présente deux artistes et un trio réunis par leur manière de créer : en partant du concret, du réel comme support, ils suggèrent un imaginaire et une fiction qui dépassent notre rapport à la réalité et à l’histoire pour interroger nos modes de perception et nos identités. Constance Nouvel, Beau Disundi et Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh & Hesam Rahmanian constituent une scène émergente et internationale aux réflexions innovantes et bouleversantes.
Constance Nouvel (née en 1985, vit et travaille à Paris) développe depuis 2010 un ensemble d’œuvres prenant pour point de départ l’analyse critique de la photographie : comprendre en quoi le processus photographique n’est pas uniquement la reproduction d’un réel, mais aussi l’image d’une réalité tangible. Ses réflexions se déploient dans un langage plastique ouvert à l’interdisciplinarité, aboutissant à la notion d’objets photographiques. Format, échelle et support dialoguent dans un glissement permanent entre espace réel et espace suggéré. À partir de prises de vues réelles, elle fait sortir la photographie de son cadre pour lui faire dire des choses qu’elle ne pourrait pas dire seule.
Beau Disundi (né en 1993 à Kinshasa, RDC) transforme la morue en un prisme artistique pour explorer l’histoire mondiale à travers des perspectives intimes. Sa pratique suit les traces du commerce, de la mémoire et du pouvoir ancrés dans les histoires matérielles. Des emballages makayabu aux structures métalliques à grande échelle, ses œuvres construisent des paysages poétiques et critiques où le passé et le présent s’entrechoquent, formés en strates, sans perspective, presque japonisants.
La pratique collaborative de Ramin Haerizadeh (né en 1975), Rokni Haerizadeh (né en 1978) et Hesam Rahmanian (né en 1980), tous trois iraniens, s’est formée dès 1997 à Téhéran, bien que les artistes résident aux Émirats arabes unis depuis 2009. Au cœur de leur art, la production est une performance et la performance est une action collective menant à la danse, à l’art et à la politique. En détournant des objets du quotidien et des images empruntées à la presse, ils les déplacent dans un univers fantasmagorique où les récits de l’actualité se trouvent subvertis, interrogeant ainsi notre rapport à la réalité.