Clara Darrason, Paris
Julia Gault, Amandine Guruceaga
Un paysage est frappé par une vague de chaleur ou un incendie. L’espace se transforme en diorama d’un territoire fracturé : les murs sont fendus et retournés à l’envers, évoquant un sol desséché, craquelé. L’architecture fait écho à la terre desséchée, suggérant à la fois destruction et régénération: comme un feu de forêt qui dévore et fertilise le sol.
Julia Gault présente son œuvre in situ Vague de Chaleur, dont la faïence se répand sur le sol comme un paysage métaphorique fondu et drainé. Son état brut transmet la fragilité et l’impermanence. Huit tubes en cuivre perforés, C’est la manière dont ces vagues pénètrent dans l’immeuble, sont réparties sur le mur et le sol. Chaque tube contient des fragments d’un texte tiré du roman d’Emmanuelle Pagano, Ligne et Fils (Trilogie des rives). Habituellement utilisés pour canaliser l’eau, les tubes ici restent vides, évoquant la circulation, l’absence et les mouvements invisibles de l’eau au sein d’un territoire en assèchement.
En dialogue avec cette installation, les sculptures d’Amandine Guruceaga Vulnerable Flowers Bouquet 3 et Proliferation descendent du ciel et émergent du sol. Ces formes hybrides font référence à la fascination de l’artiste pour les plantes pyrophytes, des espèces qui ont la remarquable capacité de résister ou même de bénéficier du feu pour se reproduire. Sa pratique s’étend sur les murs à travers des œuvres combinant des tissus étirés teints avec du cuivre et du laiton brûlés, où la brûlure et l’oxydation deviennent des gestes picturaux.
Les peintures de Guruceaga rencontrent l’œuvre murale de Gault, Les eaux débordées, dont le travail explore les phénomènes hydriques dans les hauts plateaux du sud de la France. Gault entrelace diverses données en une cartographie à couches uniques, réunissant les écoulements souterrains et de surface. Là où l’eau est la plus active, l’acide mord plus profondément, faisant écho à l’érosion calcaire et transformant la carte en un paysage tactile.
Ensemble, Julia Gault et Amandine Guruceaga créent un environnement immersif où la transformation de la matière est le miroir d’une tension écologique, mettant en scène un terrain suspendu entre effondrement et renouveau.
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