Season 4 Episode 6, Londres x LAILA, Sydney
Christina May Carey, Michael Sandford
Season 4 Episode 6 et LAILA présentent un stand en duo réunissant deux étoiles montantes de la scène artistique australienne, Christina May Carey et Michael Sandford. Carey y expose Rattails (2024), une installation vidéo dans laquelle elle assemble un ensemble d’écrans portatifs — iPhones et iPads — enchevêtrés par des câbles en boucle qui se déversent sur le sol comme des mèches de cheveux ou des queues. Sur chaque écran, des images en gros plan de queues de rats scintillent et se répètent, créant un champ dense de mouvement, de texture et de rythme. L’installation attire l’attention sur l’acte même de regarder. Plusieurs écrans fonctionnent simultanément, fragmentant la vision et dispersant le regard du spectateur entre différents points d’attention concurrents. Cette manière distribuée de voir fait écho à la logique des systèmes de surveillance contemporains, où l’observation est démultipliée, continue et souvent imperceptible.
Plutôt que de présenter la surveillance comme une technologie fixe, Carey l’aborde comme une condition — une atmosphère de visibilité constante façonnée par des dispositifs du quotidien. Les outils familiers des médias personnels deviennent des instruments d’observation, impliquant le spectateur dans une boucle d’attention, de contrôle et de répétition. Rattails inscrit le corps, la technologie et l’image dans un système nerveux partagé, interrogeant la manière dont intimité, contrôle et malaise circulent à travers les réseaux qui médiatisent désormais notre manière de voir et d’être vus.
De manière similaire, les images de Michael Sandford — des dessins à la craie non fixés réalisés sur des tableaux récupérés — explorent les visuels de la surveillance. À partir d’images issues de caméras de vidéosurveillance compromises à travers le monde, Sandford consacre jusqu’à six mois à produire, à la main, des restitutions extrêmement détaillées de ces photographies récupérées. Dans ce processus, il réintroduit l’acte de regarder au sein de formes mécaniques de « surveillance », fusionnant le geste humain et l’automatisme. Par ailleurs, les œuvres explorent des « glissements entre ce qui est caché et pourtant public », plaçant le spectateur à la fois en voyeur et en participant actif : la caméra est privée, mais lorsque son contenu est rendu public, l’image partagée avec le spectateur devient en fin de compte une image commune.