PM/AM Gallery, Londres

Nicolas Lebeau

Pour Art-o-rama, Would you wear my eyes? de Nicolas Lebeau est reconfiguré à partir de sa présentation initiale à la Galerie Mennour (mars 2026), à travers l’accumulation continue d’images issues de canaux Telegram, où des scènes de catastrophe circulent sans interruption.

 

Le titre, emprunté à Bob Kaufman, suggère un transfert qui dépasse la métaphore : voir à travers les yeux d’un autre, c’est hériter d’images qui persistent au-delà du moment de leur visionnage. Ces fragments sont intégrés aux photographies de l’artiste, produisant non pas une simple superposition, mais une forme de contamination. Des figures récurrentes émergent — un œil épuisé, une main testant la surface des choses, des visages résistants à la dispersion — formant une typologie souple qui se déploie à travers l’installation.

Produites entre la France et le Brésil au cours des six derniers mois, les œuvres se développent selon trois opérations. Certaines impressions sont générées à l’aide de machines modifiées, introduisant des ruptures et des défauts, puis recouvertes de fragments collectés et montées directement sur des rails en acier ou flottant à l’intérieur de boîtes en plexiglas. D’autres sont perturbées au niveau du code par des processus d’édition de données, puis contenues dans des cadres en bois. À l’inverse, de petits portraits de femmes en prière demeurent inchangés, introduisant de brefs moments de suspension.

Des éléments sculpturaux — bouteilles en verre fondu et dispositifs dissuasifs dérivés de structures anti-escalade — prolongent cette tension dans l’espace, enregistrant pression et obstruction. Un revêtement camouflage rouge pixelisé, faisant écho à la nature pixellisée des images et soutenant l’idée de l’artiste de dissimuler les choses à la vue de tous, est appliqué aux bords des murs.

L’installation fonctionne comme un ensemble de conditions : des images qui résistent à la résolution, des objets qui régulent le mouvement, et des moments de pause qui ne rétablissent pas la cohérence.

http://www.pmam.org