ARTISTE INVITÉ 2019

Jonathan Vidal
Jonathan Vidal

Self-augmentation dream inducers machines 2.0 (2018)
tôle, métal thermolaqué, grille de ventilation, encre de calligraphie, papier adhésif

Les derniers travaux de Jonathan Vidal sont un questionnement sur les rapports entre les humains et la technologie, dans lesquels l’histoire de la robotique fait face aux problèmes de travail ancré au maître – dans une dynamique capitaliste esclavagiste. Employés pour remplacer les humains au travail, les robots ont été créés pour garder quelques caractéristiques propres aux Hommes tel que la voix et le squelette. En regardant l’histoire des tests et échecs de l’industrie robotique, le travail de Vidal met en avant des questions éthiques quant au traitement des machines. En même temps, par des moyens artistiques traditionnels, il pose la question de l’avenir manuel des artistes dans un monde gouverné par la technologie numérique.   

Tout comme des reliques d’un passé utilisé, son travail résonne avec le sujet traditionnel de la science-fiction, telle une relation ambigüe entre humains et machines, dans laquelle il est incertain de qui est la victime et qui est l’oppresseur (tout comme dans le film Blade Runner). Cette approche est combinée avec un travail d’archives sur ces entreprises, qui depuis les années 70, ont traités avec la production de cyborgs. Par exemple, la structure Self-augmentation dream inducers machines 2.0, 2018, est la copie d’un volet de fenêtre, modelé par Vidal d’après ceux utilisés dans les logements sociaux suisses. Sur la surface de ce symbole du travail ouvrier, l’artiste y inscrit des textes éducatifs humoristiques des années 70 au sujet des limites des robots, à côté de stickers aux logos de structures renommées au schéma entrepreneurial. A l’inverse, en s’appropriant des images existantes, Programmed for love (music theme), 2018, fait allusion à la capacité de réalisation d’une machine avec la même dextérité que les humains. Les titres dans le travail de Vidal posent  un contexte et perdent des aspects de sa recherche : Tesla on fires, 2018, ou Defective heating system waiting for the empathy of the neo liberalism, 2018, combinent des techniques artistiques traditionnelles avec des éléments industriels rejetés et matériaux onéreux (tel le carré d’Hermès dans le dernier exemple).

La pratique de Vidal se termine en explorant l’essence même du travail artistique, avec la question des techniques artistiques traditionnelles confrontées à l’approche des technologies futures. Avec une démarque narquoise, Vidal propose une esthétique compréhensive du rapport entre économie, technologie cyborg et l’art.

Stefano Collicelli Cagol