Galerie

Olivier Robert, Paris

Charlotte Ballesteros & Hubert Marot (guest), Julien Beneyton, BOOGIE, Maggie Lee (guest), Élodie Lesourd, Éric Pougeau, Lionel Scoccimaro

Julien Beneyton

Orelsan, 2010
acrylique sur bois
105x140cm
Courtesy Galerie Olivier Robert, Paris

Élodie Lesourd

They raised up the axe / My head was about to explode when I noticed the Marshall stacks, 2011 (courtesy A. Krone)
acrylique sur MDF
70x105cm
Courtesy Galerie Olivier Robert, Paris

C’est un tour de magie assez classique : on tend une corde, on la plie, on la coupe en plusieurs morceaux, on souffle dessus, et, lorsque l’on retend la corde, merveille de l’illusion, elle réapparaît entière. Le projet qu’a élaboré la galerie Olivier Robert pour ART-O-RAMA est exactement du même ordre : un même lien, entre tension et rupture, relie les œuvres des cinq artistes présentés.

A la violence noire et contenue des photographies de Boogie répond comme un miroir la violence blanche et exorcisée des œuvres sur papier d’Eric Pougeau. Tout comme dans les vernis impeccables des sculptures de Lionel Scoccimaro, se répercutent les coulures des aquarelles de Julien Beneyton ; les mêmes qui viennent défier la touche lisse et froide des peintures d’Elodie Lesourd. Mais toutes ces coupures sont nécessaires au montage final, à l’écriture d’une nouvelle histoire. C’est ainsi que l’on retrouve au milieu des espaces silencieux et désertés des peintures d’Elodie Lesourd, l’écho des silences d’Eric Pougeau, les personnages hagards et menaçants de Boogie. Des présences fantomatiques, frôlant l’invisible, comme les êtres qui nous échappent et que chaque détail du pinceau de Julien Beneyton, inscrit par l’obsession, tente constamment de nous révéler. Et dans ce travail sous la surface, au plus près du réel, Lionel Scoccimaro participe à cet hommage de l’indicible et de l’underground. Des êtres, casqués ou culbutés, s’invitent à cette danse harmonieuse, menée par un étrange quintet à cordes, forcément magiques.

Benjamin Bianciotto