SHOW-ROOM 2011

Nicolas Pincemin
Nicolas Pincemin

Bunker#2, 2009
huile sur toile
1195x195cm
Courtesy de l'artiste

Nicolas Pincemin

Sabotage, 2009
huile sur toile
130x180cm
Courtesy de l'artiste

Nicolas Pincemin

Sans titre, 2010
huile sur toile
162x114cm
Courtesy de l'artiste

Après un DNSEP à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Nicolas Pincemin (né en 1976) poursuit une licence d’Arts Plastiques à la faculté d’ Aix/Marseille (2001). Il a depuis participé à plusieurs expositions collectives dont “Varium et mutabile semper” (Galerie de la Friche la Belle de Mai, Marseille). Son travail a été présenté à la Fondation Vasarely et dans le cadre du festival arborescence à Aix en Provence. Une nouvelle exposition personnelle aura lieu au Centre d’art contemporain d’Istres en septembre. Elle sera suivie d‘une exposition collective au Musée Départemental de Gap.

"Méta paysages au romantisme squeezé, mises en scènes fictionnées des vues imprenables, visions périclitées d’artifices naturels, les oeuvres de Nicolas Pincemin s’offrent comme des relectures altérées d’un réel abstrait de lui-même. Sabotage : les modèles enfouis réapparaissent tronqués en arrière-plan des surfaces recouvertes jusqu’à l’anéantissement. Anti-narratives, les figures demeurent fables, prétextes aux gestes du peintre : extractions, réinjections, camouflages.
Puisque l’image naît toujours d’un écart au visible, l’artiste surjoue en creux les procédés de supercheries propres à l’acte de représentation : sous l’illusoire vraisemblance donc, l’analogie est tronquée : compositions truquées, espaces en déséquilibre, enveloppes infidèles, points de vue chimériques. Ce qui se trame sous la facture nous fait face : une "image en voie de visibilité, où une déchirure se fait jour"1 . Nicolas Pincemin décline ainsi un vocabulaire de points de tensions, d’accrocs dans l’image qui la font échapper au devenir pauvre : zones focus, copiés collés fondus, coulées affirmées, calques négatifs, projections saturées, maquillages virtuels et repentirs… Autant d’échappées aveuglantes, d’obstructions exutoires, d’ "efficacités sombres" qui viennent "creuser le visible (…) et meurtrir le lisible"2[….]

Leïla Quillacq

1 G.Didi Huberman, Devant l’image, 1990, Collection "Critique", Les Editions de Minuit
2 Idem