Galerie

Meessen De Clercq, Bruxelles

Nicolás Lamas, Jorge Méndez Blake, Thu Van Tran

Thu Van Tran

L'imaginaire - Jackson, 2009
Papier, encore rouge
22 x 15 x 4,5 cm, 22 x 15 x 6 cm
Courtesy de l'artiste et Meessen De Clercq, Bruxelles

Pour ART-O-RAMA 2017, Meessen De Clercq propose un projet sur le pouvoir défiant des intellectuels, par une exploration de l’écriture, leur médium par excellence. Le rôle du langage écrit a été non négligeable dans la transmission des savoirs depuis des siècles, et n’a cessé de croître davantage avec le passage du temps. Même aujourd’hui, dans un monde où la culture visuelle domine, les messages écrits continuent à garder leur potentiel révolutionnaire.

Jorge Méndez Blake (°1974) montre un travail en se référant à Marx, Beckett et le dernier roman de Camus – inachevé – avec un néon reproduisant les deux derniers mots du livre : “SANS REVOLTE”. En installant un grand rideau de velours sombre séparé en deux pans, Méndez Blake prête attention au dispositif théâtral qui ouvre et qui clôture la parole proclamée, tout en se référant au travail de Samuel Beckett avec le titre, Silence. Five Seconds. Fade Out , qui présentait à ses lecteurs une réflexion continue sur la condition humaine. Dans Das Kapital, la clôture consiste en un grand mur en briques, en-dessous duquel l'ouvrage Das Kapital a subtilement été disposé par l'artiste, offrant une réflexion sur la possible émancipation de l’humain.

L’écrivaine française Marguerite Duras est au centre de deux oeuvres de Thu Van Tran (°1979), qui fait référence à l’apparition et la disparition de textes, entre autres par la censure, par des techniques telles que le bleu de méthylène et les photogrammes. L’impossibilité d’accéder aux écrits et la capacité de résistance de l’humain, est traitée dans la troisième oeuvre, où Thu Van Tran fait référence à la littérature récitée de mémoire par les prisonniers des camps de prison allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Avec Fracturas, Nicolás Lamas (°1980) propose un poème de Charles Baudelaire, qu’il a soumis à un processus systématique de traductions successives disponibles dans le Google translator, pour aboutir à un texte de trois mots. L’idée de la disparition d’information est également présente dans le travail sur les magazines National Geographic, où l’artiste a sablé le contenu d’une année entière de magazines ou a juxtaposé deux images en enlevant des pages perçues comme des couches d’informations inutiles.

En établissant une relation entre éthique et esthétique, ces trois artistes ont exploré par leur propre langage visuel des questions posées par des intellectuels pour éclaircir le thème de la destruction des connaissances dans le contexte de la contestation et de la résistance sociale.