Galerie

Klemm's, Berlin

Fiona Mackay, Émilie Pitoiset

Émilie Pitoiset

The flesh for the orchid, 2014
Queue de cheval, cintre
Courtesy Klemm's, Berlin

Fiona Mackay

Vue de l'exposition ‚LUI‘, Real Positive, Cologne (with Manuela Gernedel), 2016
Courtesy Klemm's, Berlin

Fiona Mackay

Close to, 2015
Vue d'exposition Klemm‘s, Berlin
Courtesy Klemm's, Berlin

Émilie Pitoiset

Strike a Pose (1), 2014
gants en cuir bleu foncé, cigarette, craie
18 x 8 x 8 cm
étagère en aluminium brossé 60 x 11 x 10 cm
Vue d'exposition ‚Adult‘, Island, Brussels 2016
Courtesy Klemm's, Berlin

Pour l’édition 2017 d’ART-O-RAMA, la galerie berlinoise Klemm’s présente un duo show de Fiona Mackay (*1984, Grande-Bretagne) et Émilie Pitoiset (*1980, France). Ce projet, spécialement conçu pour l’occasion, inaugure la première session des « Résidences d’artistes ART-O-RAMA » et reflète à la fois l’environnement direct et les moyens mis à disposition. La galerie a choisi ces deux artistes pour leur capacité à transformer l’espace qu’elles exploitent en espace narratif, et ce avec des matériaux et approches totalement différents.

Émilie Pitoiset produit des œuvres qui "activent" une série de personnages et d’histoires évoluant en un récit ininterrompu qui traite l’exposition comme un format, en y incluant des éléments tels que des films et des performances. son travail est empreint de figures tutélaires tels que Woolf, Ackerman, Robbe-Grillet, Flaubert, Huysmans et Fassbinder qu’elle s’attache à refléter mais aussi à égarer par un procédé d’érotisation subtil de la vie quotidienne. Elle joue avec des scénarios ambivalents qui révèlent un répertoire visuel surréaliste, à la fois énigmatique, "noir" et décadent. L’image et l’objet sculptural ou pictural sont souvent le receleur d’un récit convexe convoquant le spectateur dans un jeu de rôle dont le scénario n’a pas encore été révélé. Tout y est double et instable : l’exposition, dans son immobilité apparente, devient le lieu d’une scène qui se joue ou s’est jouée, dans laquelle les objets deviennent acteurs. Entre fétichisation et incarnation, ces "objets de transfert" contiennent la répétition de gestes passés et les scénarios latents de rituels fictionnels. Par la mise en place d’installations qui occupent la totalité de l’espace ainsi qu’à travers chacun de ses travaux individuels, elle soulève les questions suivantes : comment peut-on travailler sur la notion de désir, de mécanisme de l’absence, d’inconscient physique et d’actes manqués ? Comment peut-on se saisir à nouveau le langage de l’érotisme ?

Similaire par son approche mais visuellement très différente de celle d’Émilie Pitoiset, la pratique de Fiona Mackay pourrait être décrite comme une série d’événements picturaux qui sont souvent, mais pas nécessairement, connectés. Son travail évolue en fonction du lieu d’exposition ou en réaction à l’espace de travail. Ses œuvres prennent corps à partir d’un récit personnel et l’utilisation classique d’un système de caractères ou de modalités, mots et objets "racines" associés entre eux. Le geste de Fiona Mackay est direct. Elle ne fait pas de croquis et applique directement sur la toile des cycles individuels qui oscillent entre figuration et abstraction. L’artiste développe une série de travaux syntaxiques qui résonnent à travers le lieu d’exposition comme des ondes sonores - totalement ouverts à une perception subjective. Le résultat  est  lumineux et révèle un mélange étonnant entre rigidité et fluidité, monumentalité et domesticité, entre le classique et l’indompté, mais aussi entre sérieux et fantaisie, pour obtenir un maximum d’impact avec un minimum de moyens.