SHOW-ROOM 2009

Frédéric Clavère

(....) Frédéric Clavère pratique souvent une peinture proche du collage. Il est attiré par l'image cinématographique. Et la juxtaposition inattendue, les rencontres. Il peut exposer une suite de toiles, de tissus et de formes en bois découpées ou peintes directement sur les murs pouvant se répondre les uns les autres. Il crée ainsi des rencontres, entre une BMW, un corbillard, une danseuse indienne, l'hermaphrodite rouge, Shiva, deux animaux, le diable... S'il provoque c'est avant tout lui. L'image atroce (le martyre) est une preuve. Et un jeu. Une épreuve et un jeu.

Frédéric Clavère peint les calvaires. Et la souffrance. Et la violence. Il ne sait pas ce que ça lui apporte. Il sait qu'il en a besoin. Il construit ses tableaux autour des mythes et de la mythologie. Il tourne autour du secret. Du secret et de l'inavouable. Il n'est pas le premier. Frédéric Clavère tourne autour d'une connaissance qui passerait par le secret. Il dit que la peinture est obscène et qu'elle peut le surprendre quand il l'a oubliée. Il ne cherche rien. Ou bien il cherche quelque chose du côté du temps. Du côté du temps et du secret.

Jean-Pierre Ostende in catalogue de l'exposition Lundi Jamais, Coédition Galerie du Tableau, Marseille et Kunsthaus Hambourg, Allemagne, 1998