Galerie

galerieACDC, Brest

Bettina Hutschek, Vincent Victor Jouffe, Bruno Peinado, Tony Regazzoni, Pascal Rivet

galerieACDC existe depuis le 1er mai 2006 à Brest, sous l’impulsion du tandem Emeric Ducreux & Simon Gicquel. Elle a fait le pari de la jeune création et de l’éloignement géographique des scènes centralisées de l’art et souhaite faire découvrir de nouveaux talents et promouvoir leur travail dans un rayonnement international. En faisant le choix de Brest, la galerie combat l’aspect identitaire que certains voudraient lui associer et se positionne clairement dans un rapport local/global.

Pour l’édition 2008 d’Art-O-Rama, galerieACDC présente une exposition intitulée Gentlemen Farmers : une réflexion sur son ancrage géographique et son identité bretonne, abordant les notions de la ruralité, des croyances, du terroir en jouant des clichés qui les entourent. Cette exposition s’articulera autour du travail photographique et documentaire de Vincent Victor Jouffe, des sculptures fétichistes de Tony Regazzoni, des pyrogravures de Pascal Rivet, d’une sculpture monumentale de Bruno Peïnado et de la pratique performative de Bettina Hutschek.

Vincent Victor Jouffe (né en 1968, vit et travaille à Saint Méloir des Bois et Rennes) conduit un travail photographique et filmique autour des notions de mémoire, de transmission, de progrès, de disparition en opérant un collectage documentaire sur une zone géographique définie et en s’appuyant sur une activité témoin du monde rural : le comice agricole.

Le travail de Tony Regazzoni (né en 1982, vit et travail à Paris) évolue autour de la question du fétichisme : que ce soit directement, dans son investissement en tant que producteur d’objets d’art ou dans l’imagerie suscitée au travers de cette production. Pour le projet Gentlemen Farmer, il a étudié les menhirs (pierres érigées) et les a considérés de deux façons : historiquement, comme théâtre de croyances divines et mystiques puis esthétiquement : pour leurs qualités plastiques intemporelles, entre le monument architectural primitif et la sculpture « minimale ». Son projet consiste à réaliser des factures de ces monuments par le procédé du moulage, dans un matériau résolument contemporain : le silicone.

Pascal Rivet (né en 1966, vit et travaille à Brest et Plouzané) interroge les représentations symboliques du monde du travail. Son oeuvre polymorphe couvre indifféremment les champs de la sculpture, de sa mise en situation, du dessin et de la photographie. Par le biais du déplacement des expressions, il n’a de cesse d’interroger les limites de l’image et de déstabiliser les catégories esthétiques établies en ouvrant de nouveaux passages entre des techniques dites mineures et populaires (bricolage, pyrogravure..) et le langage de l’art contemporain.

Le travail de Bruno Peinado (né en 1970, vit et travaille à Douarnenez et ailleurs) se présente comme une florescence en extension, il se réalimente sans cesse en puisant abondamment dans toutes formes de cultures, et s’enrichit de la prolifération des références. En mixant ces diverses influences et en brouillant les ondes, il invente de nouveaux liens entre les arts plastiques et d’autres expressions culturelles, il télescope le milieu de l’art avec celui de la vie quotidienne. Bruno Peinado envisage la créolisation comme une rencontre inattendue et accidentelle, les éléments les plus hétérogènes sont mis en relation, se heurtent et s’échangent, tout en tissant des liens et en se connectant dans un vaste réseau qui se déploie et se ramifie selon une pensée rhizome. C’est un frétillant vivier qui se nourrit de tout ce qui peut l’entourer. Contaminé par toutes sortes de mondes, contaminé en permanence, Bruno Peinado assume une prédilection naturelle au mouvement.

Bettina Hutschek (née en 1977, vit et travaille à Brest et Berlin) développe une pratique mixte mais cohérente d’écriture, de photo, de vidéo et de performance. Ses divagations poétiques naissent d’une observation poussée du réel, à partir de documents historiques et scientifiques. Pour le projet Gentlemen Farmer, la galerie ACDC commande à l’artiste une « conférence à-propos ». Il s’agit d’un travail de médiation inversée au cours duquel « la conférencière» tient, de manière très sérieuse, un propos erroné sur les oeuvres exposées en ajoutant une étude personnelle aux éléments décrits.