MÉCÈNES DU SUD

Les Mécènes du Sud sont fiers de présenter pour cette nouvelle édition d'ART-O-RAMA Éienne Rey.

Le travail d’Etienne Rey explore la notion même d’espace. Il détourne des phénomènes physiques pour faire surgir, par des biais perceptifs, une conscience « d’être là ».
Ses installations sont expérientielles par nature. Elles ne proposent pas une expérience, elles la contiennent. Ce sont des œuvres actives qui impliquent présence et espace.
En mettant à jour des coexistences (trame/vide, lumière/structure, vide/ondulation), Etienne Rey travaille notre perception avec une infinité d’éléments connexes, au sens de Leibnitz. Ici, espaces et matières sont perçus à la fois comme différents, inséparables et interdépendants. La lumière comme outil d’appréhension du réel et d’apparition des formes devient dès lors un médium de prédilection. Les interférences combinatoires, immatérielles, comme le souffle, la lumière et le vide, ou matérielles, comme le déplacement et le point de vue, viennent multiplier les formes d’apparition des œuvres. La Méditerranée, dans sa réalité et dans ses représentations, qui accoste le J1, hangar industriel à la proue de la ville, inspire une coexistence préliminaire.

Instabilités, l’ensemble présenté ici, issu de recherches en cours de développement, met en tension espace et temps dans une expérience vibratoire. Chaos et cristal attisent des forces instables dans un rapport de contrainte qui détermine la complexité des œuvres présentées.  De la confrontation de l’air et de la lumière naissent les caustiques. Ici, le mouvement perturbe un état optique stable. La turbulence des plis lumineux donne l’illusion d’un corps flottant.
Le dessin mural et la sérigraphie Variable density sont générés par la nature coercitive d’un périmètre d’action, l’optimisation des interconnections et l’exigence d’un rendement.
Dans les tableaux de la série Instabilités, issus de modèles prolifiques, la topographie de formes cristallines s’anime fugacement par le biais d’illusions cognitives. À force de contraintes, les systèmes neurologiques, littéralement subjugués, font surgir des figures instables.

Les œuvres, par un système de corrélations tantôt maîtrisées, tantôt aléatoires, amplifiées par leur contiguïté, se départissent aisément de l’artefact et du trompe-l’œil, pour questionner la manière dont les représentations aliènent notre perception du réel. En agissant sur les variations et les rayonnements d’ordre physique, Etienne Rey fait apparaître l’épaisseur existentielle du vide. Il pose, dans une approche naturaliste, un regard serein sur cet invisible qu’il explore intimement, en nous reliant aux forces impérieuses en présence.
Bénédicte Chevallier

Etienne Rey, lauréat Mécènes du sud en 2011, vit et travaille à Marseille.
Le collectif Mécènes du sud Aix-Marseille réunit des entreprises qui
mécènent et encouragent la démarche d’Art-O-Rama.