LA COMPAGNIE FRUITIÈRE

Wilfrid Almendra

Sans titre, 2017
Séries de pièces
Cuivre, verre et matériaux de récupération
Courtesy de l'artiste

Programme de résidence
La Compagnie Fruitière

Partenaire officiel d’ART-O-RAMA depuis 2015, la Compagnie Fruitière renforce son engagement en faveur de la création contemporaine internationale et inaugure cette année un programme de résidence en Afrique. Pilotée par Sextant et plus / Group, la résidence de la Compagnie Fruitière accueille Wilfrid Almendra, artiste français basé à Marseille, au cœur de ses plantations du Penja au Cameroun.

Sélectionné pour la première résidence internationale de La Compagnie Fruitière organisée cette année 2017 au sein de la plantation du Haut Penja au Cameroun, Wilfrid Almendra propose une série de pièces à l’apparente autonomie. Les œuvres ainsi dispersées dans l’espace sont en réalité connectées les unes aux autres tissant un envers du décor telle une cage de Faraday à la fonction détournée en potentiel émetteur radio.

De son séjour dans ce territoire subsaharien, l’artiste a observé des gestes et prélevé des matières qu’il a réinjectés dans son lexique. Nous y retrouvons les principes actifs dans son travail comme l’idée de flux et d’émission, d’économie alternative et de précarité, de labeur et de localité, de tension et de fragilité, mais aussi, dans le mouvement incertain que provoque le déplacement d’une résidence, la fréquentation d’autres usages, de coutumes et de paysages, une pratique de la transformation d’objets manufacturés côtoyant ou se nourrissant d’éléments essentiels et fuyants comme l’eau et l’électricité.

L’artiste, dont l’économie de moyen construit elle-même un circuit alternatif, dans une entreprise laborieuse de martèlement, s’entête à faire de tubes ronds issus de « manouches » des carrés formés de ces couches successives dont la tranche patiemment soudée créée la peau façonnée d’un objet hésitant entre architecture et bijoux. 

Une nature morte conclut ce cycle. Le fruit en métal qui la compose, provient d’une rencontre voulue par l’artiste entre un artisan fondeur d’exception et des débris d’aluminium provenant des vérandas détruites par le passage de la tempête Xynthia en 2010. S’abattant sur des quartiers pavillonnaires, Xynthia balaya les rêves de retraite de familles ouvrières et leurs jolies maisons secondaires. La fragilité de la récupération et du recyclage nous dit quelque chose de l’importance de la matière mais aussi de l’attention pour ces gestes et pratiques dans l’oeuvre de l’artiste. De même, ces objets, laissés tels quels pour certains, sont augmentés des traces de leur passé, laissant présager toute une vie à accompagner les hommes dans leurs désirs et leur quotidien