SHOW-ROOM 2017

Delphine Wibaux
Delphine Wibaux

Vues de l'atelier (Mars 2017)
Absorption lunaire en mutation prenant le soleil (émulsion photosensible -ch-), cheveux, pierres : roches ophidiennes récoltées au col de Peñas Blancas.
Courtesy de l'artiste

Delphine Wibaux mêle avec une grande délicatesse images, sculptures, expérimentations sonores et récits qui sont intrinsèquement liés. Elle travaille notamment sur des "captations", majoritairement effectuées en pleine nature, qui nous permettent d’accéder à des phénomènes presque invisibles ou inaudibles. Ses recherches se situent sur cette frontière riche et complexe à la croisée d’une approche scientifique, poétique et  phénoménologique. Parmi ses dernières expériences, les "Absorptions lunaires" constituent une série dont l’artiste a entamé le processus en 2014 en résidence au Parc Saint-Léger. Elle a photographié la lune chaque soir où le ciel était dégagé avec un appareil argentique, à l’aide d’un télescope. Ces clichés, par la suite imprimés sur calques, ont permis la révélation des "Absorptions", d’une part grâce à la lumière du soleil et d’autre part grâce à une émulsion photosensible, concoctée par l’artiste à partir de racines prélevées dans le parc. Sans fixateur, ces clichés ont été précieusement conservées depuis dans une boîte étanche à la lumière.

Depuis le 21 mars 2017, jour d’équinoxe, l’artiste ré-expose ses tirages à la lumière dans son atelier marseillais, à raison d’une image sortie de la boîte tous les 21 du mois. La série présentée à Artorama dévoile la transformation de ces clichés, "usés" par la lumière du soleil. L’installation s’accompagne d’un texte écrit parallèlement au processus, entre fiction et note d’atelier, qui retrace le travail d’une chimère construisant un dispositif exposé la nuit aux rayons de la lune, puis protégé des rayons diurnes. Jusqu’au jour où elle disparaît entièrement, avec son travail, évanouies par la lumière de notre étoile…

Gaël Charbau