SHOW-ROOM 2016

Jeanne Berbinau Aubry
Jeanne Berbinau Aubry

Cristallisation, 2015
60 x 10 x 10 cm
Tube fluorescent, alun, polystyrène expansé, ballast, starter
Courtesy de l'artiste

Berbinau Aubry opère selon une logique d’exploration de la nature et de ses transformations, cherchant un point de médiation entre phénomènes naturels et artificiels. Chacune des œuvres de l’artiste déclenche un mécanisme de transformation, en créant une tension irrésolue entre des configurations de matériaux différents qui naissent d’une subtile réflexion biographique sur ses propres expériences.

Cristallisation, 2015, est une sculpture-assemblage qui reproduit en termes minimalistes et de façon exacte le processus chimique de cristallisation à travers l’alun. Un néon fluorescent électrifié est renfermé hermétiquement dans une enveloppe de plexiglas et génère la chaleur nécessaire pour la transformation des cristaux, rendant ainsi cette sculpture un laboratoire évolutif où la matière inerte se recompose sous les yeux du public.

Douze ans d’âge, 2012, est une installation qui laisse indirectement place à une dimension biographique. Structurée comme une machine produisant des bulles à partir d’un fluide, similaires à celles des jeux de bulles pour enfants, l’œuvre suggère néanmoins une autre narration révélée par l’odeur de whisky, engendrée par les bulles. Telle un coup de théâtre qui ne se manifeste que petit-à-petit, l’image de la mémoire infantile est ainsi renversée en une image totalement opposée, celle d’un scénario adulte, où l’alcool transmet un message de désillusion et de perte de l’innocence. De cette façon, Berbinau Aubry introduit une dimension dramatique, en suggérant un spleen communiqué au spectateur à travers un geste non sans une certaine subtilité humoristique.

Untitled, 2016, est un graffiti en aquarelle, réalisé avec le déchet liquide d’une œuvre de Lek & Sowat (connus par l’artiste durant une période de résidence à la ViIla Médicis à Rome). Berbinau Aubry recycle ce liquide – trace venant d’un graffiti originairement subversif et réalisé en espace ouvert, en le réutilisant sur le mur immaculé du stand du salon. 

Texte de Luigi Fassi, 2016