SHOW-ROOM 2016

Jean-Loup Faurat
Jean-Loup Faurat

A closer encounter
vidéo projecteurs, haut parleurs, lecteur CD, ampli, synthétiseurs
Courtesy de l'artiste

L’œuvre de Jean-Loup Faurat est une synthèse d’expériences artistiques et musicales, finalisées à créer, à partir de ces deux dimensions, de nouveaux langages qui englobent la culture populaire et la culture élitiste, la technologie et le savoir-faire artisanal. C’est notamment à travers l’utilisation et la réélaboration de technologies obsolètes en dialogue entre elles que l’artiste crée une esthétique imprévisible, forgée de paradoxes, erreurs et imperfections. Chacune de ses œuvres devient ainsi un petit cosmos en soi, où des éléments hétérogènes entre eux sont amenés à créer une nouvelle unité en termes sinesthétiques et multisensoriels.

Dans Stretched Records (2014) Faurat a travaillé sur une série de titres musicaux en format CD, un produit n’étant plus beaucoup distribué dans l’industrie musicale contemporaine. Étant donné que l’information contenue dans ce type de produit industriel d’enregistrement ne nécessite pas d’un grand espace de stockage, la proposition de l’artiste consiste à créer un morceau de musique, sans modifier l’arrangement des notes, afin que le morceau remplisse l’ensemble de l’objet. De cette façon, il en met en valeur les qualités tangibles et spécificités techniques sans prêter une quelconque attention à la qualité du contenu musical pour lequel il avait été initialement créé. Il en résulte un ajout paradoxal de valeur esthétique à l’arrangement musical initial, muté en un produit inédit et original.

Pour le Show Room, Faurat présente A Closer Encounter. L’œuvre est le remake d’une scène du film de 1977 de Steven Spielberg Close Encounters of the Third Kind, où un groupe de scientifiques cherche à créer un nouveau langage pour communiquer avec une base spatiale extraterrestre en utilisant des synthétiseurs et des panneaux lumineux. La navette spatiale extraterrestre répond en utilisant des tons bas et des lumières clignotantes. En gardant la bande originale telle quelle et en séparant chaque voix sur un propre canal, à gauche pour les scientifiques et à droite pour le vaisseau spatial, le signal est envoyé aux speakers et en même temps aux projecteurs vidéo à travers des modules synthétiseurs. Ceux-ci envoient aux projecteurs un signal inadéquat, traduit par le projecteur sous forme de couleurs et de dessins géométriques. L’œuvre se veut ainsi la réinterprétation live de la scène du film, jouée sur une traduction en termes non verbaux.

Texte de Luigi Fassi