Galerie

Allen, Paris

Laëtitia Badaut Haussmann, Colin Snapp

Laëtitia Badaut Haussmann

Maisons Françaises, une collection #544, 2013
photographie retouchée, tirage pigmentaire sur papier enhanced matte
41,69 x 63,25 cm
3 exemplaires + 1 EA
Courtesy de l’artiste et Galerie Allen, Paris

Laëtitia Badaut Haussmann

Maisons françaises, une collection #556, 2013
60 tirages N&B pigmentaires sur papier enhanced matte, produits avec le soutien de CPIF
47,30 x 55,75 cm
3 exemplaires + 1 EA
Courtesy de l’artiste et Galerie Allen, Paris

Colin Snapp

TC00105911, 2013
c-print
177 x 115.5 cm (encadré)
Unique

Colin Snapp

TC00032426, 2013
c-print
177 x 115.5 cm (encadré)
Unique

Pour l’édition 2015 d’ART-O-RAMA la Galerie Allen, Paris, présente une sélection d’œuvres récentes de l’artiste française Laëtitia Badaut Haussmann (née en 1980, vit et travaille à Paris) et de l’artiste américain Colin Snapp (né en 1982, vit et travaille entre New York et Los Angeles).

Les reflets et la transparence révèlent et informent chacune des œuvres exposées : des sculptures couvertes de carreaux brillants, des filtres transparents et des photographies fournissent une expérience unique, une exploration de la diffusion et de la médiation d’informations. Dans les œuvres de Laëtitia Badaut Haussmann, des thématiques liées à l’intérieur domestique sont mises en scènes à travers les filtres du design et de la littérature, tandis que les œuvres de Colin Snapp sont liées à son intérêt pour la médiatisation des moments vécus à travers les lentilles et les écrans dans les paysages naturels.

L’obsession et la persistance sont la genèse thématique d’une pièce d’envergure de Laëtitia Badaut Haussmann, une forme longue et torsadée en velours noir reposant sur un cadre d’acier. Cette sculpture, qui matérialise l’expression "l’étoffe forme une torsade" de l’unique personnage féminin du livre Querelle de Brest de Jean Genet, évoque la complainte et le désir. Un banc fait de carreaux roses et rouges fait office de monument symptomatique et fonctionnel de la seconde moitié du XXème siècle. Jouant à la fois le rôle d’une sculpture mais aussi celui d’un meuble, il permet un moment de réflexion et de contemplation face à une sélection de sept  photographies. Tirées d’un ensemble plus vaste, ces photographies reprennent des images de publicités extraites de la collection de numéros de 1971 à 1989 du magazine de décoration Maison Française conservée par la grand-mère de l’artiste. Après les avoir passées en noir et blanc, Badaut Haussmann a effacé toute trace de texte et de symbole liés à leur destinée commerciale initiale. Ainsi débarrassées de la marque et du slogan, les images n’ont plus rien à vendre qu’elles-mêmes et leur rapprochement dans l’espace d’exposition offre un potentiel narratif insoupçonné.

Colin Snapp présente des photographies issues des TC Studies, une série en cours d’éditions uniques de grands formats réalisées en photographiant des images de la nature apparaissant à l’écran de caméras vidéo. Elles enregistrent un moment particulier et éphémère, ainsi ancré dans le temps.  Représentant des niveaux multiples d’observation, Snapp révèle un aspect de la perception moderne, la médiatisation de moments vécus via les écrans, notre détachement de l’expérience directe de la réalité. Deux œuvres de la série IRND, de formats plus modestes, sont exposées en regard. Elles capturent une lentille IRND – Infared Neutral Density – utilisées par l’artiste pour tourner ses films, ici encadrées et enchâssées tels des objets de vénération.