SHOW-ROOM 2015

Elsa Philippe
Elsa Philippe

The .&co, 2012
vidéo
10'30"
dimensions variables
Courtesy Elsa Philippe

Elsa Philippe

Nobody knows you are a dog, 2014
impression écran de la base de données numérique
Courtesy Elsa Philippe

Elsa Philippe

EGOTRIP, 2013-2014
tapis de yoga, carton, papier-mâché, bois, tv, projection vidéo, DVD player, 4 livres
dimensions variables
Courtesy Elsa Philippe

« On the Internet, nobody knows you’re a dog » est la phrase, apparut dans un des dessins de Peter Steiner pour The New Yorker en 1993, qui marqua le début de l’usage courant d’Internet comme sujet de discussion dans les revues généralistes. Le dessin évoquait des thèmes comme la confidentialité et l’anonymat sur Internet, thèmes qu’Elsa Philippe (Paris, 1987) place également au centre de ses recherches. Dans Nobody knows you’re a dog (2014), l’artiste s’approprie d’une partie de la phrase de Peter Steiner pour le titre de son projet de base de données en ligne, dans lequel les visiteurs d’un cybercafé de Londres peuvent publier à l’infini leur identité à travers des images trouvées sur le web. Ce travail illustre non seulement ce que le dessin symbolise mais en même temps il souligne l’extrême facilité avec laquelle l’utilisateur
peut fournir ses données personnelles et également celle pour les nouvelles technologies de les sauvegarder.
Issue d’une génération ayant grandi avec le progrès des technologies et du culte de soi grandissant, comme elle le déclare elle-même, l’artiste s’intéresse aux modalités avec lesquelles les nouveaux médias affectent et transforment nos comportements, et la façon dont nous abordons notre subjectivité. La vidéo The. & co (2012) au style grotesque et chaotique qui rappelle celui de l’artiste américain Ryan Trecartin, explore le rituel de la construction quotidienne du soi virtuel, en nous catapultant dans un futur proche dans lequel les hommes communiquent exclusivement à
travers les nouvelles technologies. L’être humain, tel que nous le connaissons aujourd’hui, exclu de ce type de communication, est le seul à caractériser ce qui est « différent ».

La question des comportements sur Internet est au coeur de And thank god for the catfish (2015) qui étudie le catfish, c’est-à-dire les relations amoureuses sur le web sous une fausse identité. L’installation conçue comme un playground aux décors hyper-réalistes grâce à l’utilisation massive du trompe-l’oeil, plonge le spectateur dans le monde des jeux comme une métaphore de ce type de comportement. Dans le film, qui apparaît comme la prothèse d’un des éléments mis en scène, l’artiste réunit différents personnages issues de la technologie populaire qu’elle trouve dans son environnement immédiat : de You Tube – son magasin principal de bricolage – elle puise films, documentaires, télé-réalité,
dialogues, qu’elle modèle pour créer un univers dans lequel sont présents différents personnages, comme une présentatrice d’un JT ou un policier, pour ensuite découvrir que seul l’un d’entre eux est réel. Le film ramène sur le devant de la scène un thème de grande actualité de la mondialisation, à savoir : la multitude des identités (dans la collectivité et aussi chez l’individu) et la possibilité de les communiquer et de les rendre intelligibles aux autres.