ARTISTE INVITÉ 2014

Sergio Verastegui

Vue d'installation
ART-O-RAMA 2014

Love in outher space, 2013
bois, canette, aluminium
Courtesy de l'artiste

Espanto del futuro, 2012
Ficelle, objets divers
Courtesy de l'artiste

Sculptures flottantes, 2012

Série de cinq exemplaires uniques
Plastique, bois, colle, polyestirène, papier, seaux, eau
Courtesy de l'artiste
 

Vue d'installation, Show Room 2013
ART-O-RAMA 2013

Dans ses propositions, sculptures et installations, Sergio Verastegui laisse la part belle aux artefacts de l’éphémère. Assumant volontiers les atours d’une arte povera littéralisée, souvent faites de matériaux réellement pauvres, voire misérables, ses oeuvres convoquent directement ou métaphoriquement une esthétique de la fragmentation, de l’arrachement ou de la brisure, tout en activant précisément et de façon simultanée le potentiel narratif, l’éloquence historique, voire biographique, inhérente à tout fragment, à toute trace.

Verastegui cite volontiers Alain Badiou à propos de son travail : « L’important ce n’est pas de savoir ce qu’on a oublié mais de comprendre ce qui fait trace en nous ». Décontextualisés et recontextualisés, les fragments-traces constitutifs de ses installations, s’ils ne perdent pas leur qualité originelle de vecteurs de sens, en assument volontiers d’autres.

A la façon d’un archéologue en carroyage, (ce n’est pas un hasard si ses installations se déploient souvent à la façon de pièces de sol) Sergio Verastegui se plaît à exhumer et à organiser de façon inattendue et casuellement fortuite des rencontres poétiques d’objets et matériaux divers.

Sous-tendues par la tension entre la séparation formelle souvent assez claire de ses éléments constitutifs et la définition tout aussi distincte de la structure, du rythme qui les relient les uns aux autres, les installations de Verastegui adoptent souvent une configuration générale « en archipel », participant d’une esthétique que l’on pourrait qualifier d’insulaire. Entre pensée-naufrage et résilience du résidu, la valence esthétique de chaque fragment est démultipliée par les rencontres suscitées dans les installations.

Texte Emmanuel Lambion, 2013

A single line which is invisible and unceasing • collection ART-O-RAMA • septembre 2014