Galerie

Crèvecœur, Paris

Xavier Antin, Jorge Pedro Nuñez, Florian & Michael Quistrebert

ART-O-RAMA 2012

Vue d'exposition
© Marjolaine Turpin

Le choix des trois artistes pour Art-o-rama 2012, Xavier Antin, Jorge Pedro Nuñez et Florian & Michael Quistrebert permet de réfléchir sur un travail de disparition de l’image, par le biais de stratégies et méthodes artistiques différentes.

Les Luddites de Xavier Antin est une série d’impressions réalisées avec une imprimante jet d’encre manuellement trafiquée. La préparation de l’imprimante consiste à fixer un ou plusieurs pinceaux trempés d’encre pour imprimante sur la tête d’impression d’un traceur jet d’encre alors qu’il imprime une image. L’image en question, qui n’est pas visible car imprimée à 1% de transparence, est une gravure du XIXème représentant deux Luddites anglais sur le point de briser à la masse un métier à tisser Jacquard.

La série de peintures Bleaches de Florian & Michael Quistrebert consiste à appliquer de l’agent de blanchiment sur toile noire. Elle rappelle le procédé du photogramme. Mais le procédé photographique est ici renversé : en dissolvant la teinture noire avec de l’agent de blanchiment, des formes abstraites apparaissent, comme si elles étaient peintes en négatif. Le procédé du photogramme a été analysé entre autres par Eisenstein comme un moyen de capturer «l’invisible », l’instantanéité de la transition d’un état à un autre. En référence à cela, les frères Quistrebert interrogent ce mouvement entre lumière et ombre, entre transcendance et ascendance.
 

Les panneaux en inox-miroir de la série The Truth of The Trou de Jorge Pedro Nuñez sont composés de collages de pages tirées de catalogues de vente ou de livres d’art dont les œuvres présentées ont été découpées pour ne laisser place qu’à leur fiche technique (artiste, titre, date, dimensions, matériaux). Les travaux absents incluent pour la plupart un trou, une déchirure, un carré noir, un point. La mise en abyme subtilement agencée est accentuée par le matériau (inox miroir) qui permet au spectateur de se refléter dans l’ensemble des espaces laissés vacants.