Galerie

Marie Cini, Paris

Leïla Brett, Laurent Mareschal

ART-O-RAMA 2012

Vue d'exposition
© Marjolaine Turpin

PRESQUE (PLUS) RIEN

De l’extérieur, quatre pans de mur et quatre ouvertures. Seul un néon vert indique « Bureau d’échange » (Laurent Mareschal). Serait-ce un indice sur ce qui se trouve à l’intérieur, ou bien un simple jeu de mot qui amène le public à se questionner ? Toujours est-il que cette énigme invite à pénétrer à l’intérieur.

Aux murs, huit œuvres sur papier de Leïla Brett, appartenant à la série des Grilles, débutée à l’été 2011. Il s’agit de papiers millimétrés, de formats et couleurs différentes, dont l’artiste a scrupuleusement oblitéré chaque carré d’un point blanc. À mesure que le papier millimétré se remplit, il change de sens, servant de structure à sa propre disparition.

Au sol, l’installation de Laurent Mareschal reprend le motif de la grille sous la forme d’un damier réalisé en graviers, qui se déploie sur l’intégralité de l’espace. Là aussi une trame comme support initial de l’œuvre, mais vouée à disparaître sous les pas du public qui transforme, voire efface, le motif initial.

Le projet de Leïla Brett et Laurent Mareschal, présenté par la galerie Marie Cini et spécialement conçu pour ART-O-RAMA, questionne - à travers l’idée du motif, les notions de temps et d’espace - le changement d’état, la variation, l’aléatoire et l’éphémère. Alors que la destruction de la pièce de Laurent Mareschal est programmée et le temps passé à la réaliser comme perdu (le dispositif compte plus que l’œuvre), dans le travail de Leïla Brett le résultat compte bien davantage que le processus intime et méditatif qui a présidé à sa genèse. Ce temps est matérialisé dans l’œuvre, offert nu dans cette pièce au regardeur.

Au départ, presque rien, au final presque plus rien.