SHOW-ROOM 2017

François Bellabas
François Bellabas

Untitled, 2016
from the series “Motorstudies”
pigment print, laminated on Dibond, glass frame
70 x 100 cm
Ed. 1/5 + 2 AP
Courtesy the artist

Pour la petite histoire, François Bellabas a appris durant ses études la mécanique automobile, une discipline avec laquelle il a entretenu une relation de répulsion et de passion qui l’a peu à peu amené à se pencher sur cet objet, la bagnole, un bout de tôle devenu icône de notre grande histoire commune. Barthes l’avait définitivement circonscrit dans les Mythologies : "Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques: je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique." (1)


Cet objet magique, François Bellabas l’étudie dans ses photographies qui empruntent leur esthétique à l’univers de la publicité et de la communication. Dépouillées, parfois minimales et chirurgicales, ces images nous parlent des grandes villes comme Los Angeles, construites pour la voiture, des accidents qui dramatisent et sacralisent la vie de ces chimères en mouvement, de l’érotisme étudié dont elles suintent, qui nous enjoint de les adorer comme les nouvelles déesses d’un monde définitivement métallisé. Pleines de sous-entendus et parfois construites uniquement pour un détail, les oeuvres de François Bellabas mettent en scène -plus que l’automobile elle-même- la fascination que nous entretenons pour cet objet pourtant omniprésent dans notre paysage contemporain. C’est qu’il est un des rares à concentrer tout le primitif qui nous fascine encore: la vitesse et l’accident, l’élégance et la violence, la traversée du monde, en le détruisant. 



Gaël Charbau  

(1) Roland Barthes, Mythologies, 1957.